Passer à l’hybride ou rester au reflex ?

Fujifilm-X-T1-HandsAvec la montée en puissance des hybrides sur le marché de la photographie et de par leurs performances entre autres, font que beaucoup de photographes équipés en boîtier reflex se posent la question à l’heure actuelle (dont moi) de passer à l’hybride pour différentes raisons et/ou différences, avantages et/ou inconvénients que nous allons évoquer dans cet article.

La première différence concerne le viseur, visée optique pour le reflex, visée électronique pour l’hybride. Suivant les thèmes que vous photographiez, le choix de l’un ou de l’autre peut avoir un impact sur vos photos. La visée optique est instantanée au contraire des hybrides actuels et nous savons que parfois une photo peut être ratée pour un dixième de seconde même si je vous parle souvent dans ces lignes, de l’anticipation du moment. Nous ne parlons pas de rafales, nous parlons du délai d’affichage du viseur électronique. Le prochain fujifilm X-T2 promet un temps de réponse de 0.005 s soit 1/200 de seconde. Lorsque je prends en photo du sport mécanique, est-ce que ce délai ne me gênera pas ? Je ne peux répondre à ce sujet, je n’ai pas encore testé un hybride dans ces conditions.

Deuxième point concernant le viseur électronique, vous avez également un temps aveugle correspondant au temps de lecture des données du capteur, pendant lequel l’affichage de la visée est impossible. Toujours sur le prochain X-T2, ce temps sera de 130 ms voir 114 ms avec la poignée grip qui booste la rafale. Pour avoir testé le X-T1 avec un temps aveugle de 200ms, cela ne m’avait pas gêné plus que cela à ce moment-là, mais encore une fois je ne l’ai pas testé dans des conditions de vitesses extrêmes.

Au sujet des objectifs, il faut également prendre en compte le parc d’objectifs proposés par le fabricant. D’une part, on va vérifier que les focales dont nous avons besoin sont présentes dans la gamme. Par exemple, si on travaille avec de grandes focales jusqu’à 500mm. Jusqu’à peu de temps, il manquait cette gamme de téléobjectifs. Fujifilm a sorti un 100-400mm équivalent en 24×36 à un 150-600mm. Panasonic a sorti également un 100-400 équivalent en 24×36 à un 200-800mm. Bien évidemment, la question du prix vient dans le débat. Si vous avez déjà investi dans un parc d’objectifs, la question de la revente d’occasion et d’achat des focales équivalentes en hybride et surtout la perte financière ou rarement le gain…

À moins de passer sur les fameux Alpha 7 et une bague d’adaptation, ainsi, vous récupérez tout votre parc optique plein format.

Quant au sujet épineux à l’heure actuelle de l’autonomie, c’est un élément à prendre fortement en compte toujours dans l’idée du poids total de l’équipement transporté. A savoir que nous sommes sur une autonomie de 300 à 350 clichés par accu… Le prochain X-T2 va proposer un grip embarquant 2 accus supplémentaires pour une autonomie totale de 1000 déclenchements. Sur un mariage complet ou un événement sportif ou je peux taper entre 1000 et 3000 clichés, cela veut dire qu’il me faudra emmener entre 3 et 9 batteries minimum, ce qui rajoute un budget supplémentaire sans compter sur le temps de rechargement de l’ensemble des batteries même si le grip de ce futur X-T2 peut recharger 2 accus en même temps.

Et maintenant, penchons-nous sur l’autofocus. Les derniers Nikon D5 et Nikon D500 présentent un module AF des plus performants surtout sur des sujets en mouvement. Même si les hybrides tendent à rattraper leur retard, il reste un léger décalage dû au fait que la détection de phase se fasse par le capteur qui effectue dans la foulée, une détection de contraste pour affiner la mise au point, ce qui ajoute un temps de traitement supplémentaire. N’ayant pas effectué de test sur les deux systèmes dans les mêmes conditions, je ne m’étendrais pas sur ce point.

L’achat d’un nouveau est boîtier est également un coup de cœur. En dehors des performances, nous parlons aussi de design et surtout d’ergonomie. J’en avais parlé lors du test du X-T1 où je trouvais le pad légèrement trop petit pour mes doigts. Ne sacrifions pas l’ergonomie pour un boîtier peu encombrant si celui-ci dans l’action, ne nous permet pas instinctivement d’activer ou régler une fonction, sans forcément regarder où on met les doigts. J’attire également votre attention sur le fait de bien étudier le parc des optiques existantes pour le boîtier hybride concerné, on peut effectivement s’apercevoir que nous gagnons sur l’encombrement du boîtier, mais par forcément sur l’objectif ou l’objectif couplé à une bague adaptatrice. Ce qui peut également entraîner un déséquilibre vers l’avant de l’appareil, l’objectif étant plus lourd que le boîtier.

Le sujet du poids est également un point important, reprenons l’exemple d’un boitier reflex couplé à un grip avec un zoom par exemple un Nikon 200-500mm, le poids total va varier entre 3,5 kg et 4,5 kg, Prenons le prochain Fujifilm X-T2, soit 507g avec batterie et carte SD et le 100-400mm qui pèse lui-même 1,375 kg et le grip supplémentaire, le poids total va tourner autour de 2,2 kg, ce qui n’est pas négligeable sur de longs reportages. Mon dernier reportage avec un Nikon D700, le grip et le Nikon 200-500 aux dernières 24 Heures du Mans fut, je l’avoue, éprouvant avec un poids de 4,2kg, certes le tout monté sur monopod mais le poids commence à être un sujet sensible pour ma part. Le dernier Sigma 150-600mm version Sport m’attire mais j’avoue avoir laissé tomber au vu du poids annoncé de 2,9 kg !

Il faut également regarder du côté de la mémoire tampon couplée à la rafale du boîtier. Concernant les réflexes, c’est un peu le talon d’Achille, on se retrouve parfois à attendre le boîtier qu’il finisse sa tâche avant de déclencher à nouveau. Bien sûr je ne prends pas en compte un Nikon D4S qui n’a pas ce genre de problème. Et le nouveau Nikon D500 arriva comme son grand frère, le D5, capables de déclencher plus de 220 fois en continu avec du RAW en 14bits sans faiblir, j’ai testé, j’ai été bluffé. A noter justement que les cartes XQD avec des vitesses d’écriture de 150mb/s (le premier appareil à embarquer du XQD fut le Nikon D4) participent activement à cette montée en puissance et que oui les hybrides annoncent des vitesses de rafales hallucinantes, mais avec un slot SD UHS-I qui ne peut rivaliser en termes de débit d’écriture. Maintenant, les hybrides progressent tellement vite… Attendons de voir le prochain X-T2 qui annonce un slot UHS-II permettant un débit jusqu’à 156mb/s voir plus suivant la technologie utilisée. Pour résumer, ce n’est pas parce qu’une carte mémoire annonce des débits élevés que votre appareil va forcément en être capable.

Et enfin, nous allons parler de sensibilité, non pas d’iso, mais de votre sensibilité quant aux « couleurs » de sortie en brut de vos fichiers. Nikon est réputé neutre dans les clichés bruts sortis du boîtier. Canon donne en standard des couleurs un peu plus chaudes. Étant Nikoniste, j’ai reproché pendant longtemps à mes clichés d’être ternes, mais travaillant en RAW, je rattrape aisément en post-traitement ceux-ci, mais parfois pour un mandat, nous n’avons pas le temps de travailler les photos et cela me gêne de donner ces clichés bruts à mon client, le travail n’est pour moi pas terminé. Je fais une petite parenthèse, j’ai commencé la photographie dans la carte postale et nous travaillions à l’époque en diapositive et je n’oublierai jamais le bonheur de regarder ces clichés sur une table lumineuse à travers un compte-fils, on en prenait plein les mirettes… Depuis l’avènement du numérique, je n’ai jamais retrouvé cet effet waouh, cela nécessitant de passer par le post traitement.

J’ai commencé à retrouver cet effet waouh avec le Canon 5Ds R (voir Swis-Photos Le Mag numéro 5). Je me suis demandé à ce moment-là si cela venait du fait qu’on tape sur un capteur de 50Mpx ou alors de la sensibilité des couleurs Canon ?

A contrario, des fabricants comme Fujifilm font le pari d’intégrer de plus en plus d’effets de film dans leurs boîtiers, d’excellents filtres à l’image des simulations de films argentiques tels que les Astia, Provia, Velvia entre autres et le résultat est bluffant. Tout cela pour arriver à la question suivante suivant le format que vous utilisez (jpeg ou RAW), préférez vous un fichier neutre vous permettant toute latitude artistique ou un fichier avec un grain particulier prêt à être partagé. Pour ma part, je préfère un fichier brut et la possibilité de revenir dessus, car en 15ans de photographie, mes goûts et ma sensibilité ont changé et évolué…

Comme vous avez pu le voir, différentes questions se posent, chacun devant analyser les inconvénients et les avantages de l’un ou l’autre des systèmes. Sachant bien évidemment que chacune des technologies évoluent sans cesse et qu’une décision ce jour sera certainement à remettre en question dans quelque temps.

Frederik Gravier

Passionné depuis plus de 15 ans par la photographie, les appareils photo, les drones, la vidéo et l'image en général, j'en ai fait mon métier et depuis quelques années, je vous fais partager cette passion !

4 thoughts on “Passer à l’hybride ou rester au reflex ?

  1. Gachet Samuel

    Bonjour.

    J’ai fait le pat d’abandonner mon reflex il y’a déjà six mois.
    Tout à commencé avec la venue des enfants, poussette, couche-culotte et 5D Mk III n’étaient plus compatible, j’ai alors pris un Fuji X-E1 à dès sa sortie, que j’ai gardé quelque temps pour les souvenirs de famille, mais je n’étais pas pleinement satisfait, la technologie n’étant pas parfaite, l’autofocus encore très lent, et quelque chose dans le rendu Fuji me déplaisait, des images chirurgicales, ou comme taillées au laser.
    Je l’ai compris le jour ou une amie m’as mis un Leica M dans les mains, pas le même esprit certes, mais avec un peu d’expérience, je suis devenu plus rapide pour faire le point que le X-E1 et le rendu des images plus «  organiques » m’ont convaincu d’acheter un boitier M avec quelques objectifs.
    Pendant ce temps mon MK III prenait de plus en plus la poussière, sauf pour les mandats, quelques mariages, portraits studio, etc.
    J’ai définitivement abandonné mon reflex le jour ou le Leica SL est sortis, et je dois dire que je m’en sors plutôt bien, le grand plus c’est de voir tous les réglages, la profondeur de champ et l’effet de la compensation d’exposition directement dans un viseur digne d’un moyen format, c’est le pied.
    Comme vous le dites, le point faible reste l’autonomie des batteries, j’ai fait mon dernier mariage full mirrorless au M et au SL + 3 batteries, une en charge, une autre dans l’appareil et la dernière prête en réserve sur plus de 14h de reportage et je n’ai pas eu le moindre stress.
    Tous les systèmes ont leurs avantages et leurs inconvénients, mais je dois dire que si la vitesse est votre principal souci, il vaut mieux garder un reflex sous la main et tester le X-T2 qui est très prometteur en parallèle.

    Que la lumière soit avec vous.

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  2. Frederik Post author

    Pour ma part, je crois que jamais je n’abandonnerai le reflex, du moins je garderai un plein format mais j’avoue être impatient de tester le X-T2 🙂

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  3. Linstit

    Hybride oui, mais en 2e boîtier. C’est très agréable d’avoir un « petit » sac dans lequel on glisse son boîtier et tous ses objectifs pour les balades en famille ou les vacances par exemple. Mais on est tôt ou tard limité. Je ne peux pas – encore – me passer de mon réflex FX ou DX pro.

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