Burhan Ozbilici

World Press Photo 2017, un choix moralement discutable

Le jury de la soixantième édition du World Press Photo vient d’annoncer le grand gagnant ainsi que les différents lauréats. C’est le photographe turc Burhan Ozbilici de l’agence Associated Press qui remporte donc les World Press Photo de l’année 2016 avec une image capturée lors de l’assassinat d’Andrey Karlov, ambassadeur russe en Turquie, par Mevlüt Mert Altintas.

Cette photographie fut prise le 19 décembre dernier et montre un homme en colère, un doigt en l’air et une arme à l’autre main, se tenant debout à côté de sa victime.

“C’était une décision très, très difficile, mais à la fin, nous avions le sentiment que l’image de l’année était une image explosive qui témoignait vraiment de la haine de notre époque” a commenté Mary F. Calvert, membre du jury.

Burhan Ozbilici

C’est le photographe turc Burhan Ozbilici de l’agence Associated Press qui remporte donc les World Press Photo de l’année 2016

Cependant, le choix du jury ne fait pas l’unanimité, à commencer par le président du jury, Stuart Franklin lui-même qui signe un édito dans le quotidien britannique The Guardian “Cette image de la terreur n’aurait jamais dû devenir la photo de l’année” écrit il, tout en saluant “le sang-froid, la bravoure et la compétence” du photographe. Stuart Franklin ajoute “c’est la photographie d’un meurtre, d’un meurtrier et d’une victime, les deux présents sur la même image. Moralement, la publication de cette photo est aussi problématique à publier qu’une décapitation terroriste.”, “Ce cliché renforce l’alliance entre le martyre et la publicité”

Pour ma part, à la vue de cette photo, je ne fus pas spécialement choqué alors que je pense que j’aurais dû l’être, car oui, c’est un meurtre, on voit clairement un assassin et sa victime. Je me souviens effectivement l’avoir vu dans la presse en décembre dernier, mais ne pas avoir bronché. Cela est du peut être à un problème de notre société qu’est le matraquage visuel et sonore, nous sommes tellement sollicités que nous en sommes noyés, cela en devient banal jusqu’à une certaine aliénation de notre esprit et peut être de notre humanité. Alors oui, c’est une bonne photographie de presse, tout photographe vous dira qu’il photographie la réalité qui est parfois atrocité, mais à trop vouloir nous montrer ces atrocités, le but recherché de nous ouvrir les yeux tout le temps et trop vite, ne nous les fait-il pas fermer au final ? 

Découvrez la photo lauréate du World Press photo ICI

Et vous ? Qu’en pensez-vous ?

Frederik Gravier

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